Website Ribbon LDP: Le Krokodil au balcon

dimanche 19 août 2007

Le Krokodil au balcon

Ouh là là, sacré gueule de bois ce midi après l'anniversaire de maman dans une espèce de jolie auberge rococo au bord de la Havel dans un cadre kitchissime et romantique.

Rassurez-vous, Ludivine ne va pas vous raconter la soirée (comme par exemple le "gaspacho" servi avec des oignons et des croutons ce qui combine élégamment le principe du consommé de tomates avec celui de la soupe à l'oignon, ou bien "Non, che ne regrette rien" interprété par l'orchestre musette berlinois en l'honneur de la Französin).

Mais je ne résiste pas au plaisir de vous narrer l'histoire du crocodile au balcon. Ben ouais, y avait une dame, nouvelle petite amie d'une relation de ma mère, qui a fourni matière à conversation pour tout le début de la soirée, et mon frangin et moi on se bidonnait comme des baleines. En effet, la dame en question était sehr sehr plantureuse afek des zeins énorrrrrrmes pointant généreusement du décolleté plongeant.

Donc on avait déjà bu beaucoup de "Prosekko" (c'est très chic en Bochelandie le Prosecco à l'apéritif, savez-vous !) et on rigolait bien de la dame avec du monde au balcon.

Et, subitement, nous le vimes (toujours mille exkuz bour l'agzent zirkonflex) : la dame elle avait un sac à main CROCODILE.

Non, pas en peau ou en sky de croco. En forme de crocodile, et en peluche, si si. Donc la dame avec du monde au balcon et en robe de cocktail plus que moulante et à surface textile réduite (pour voir le monde au balcon) avait un gigantesque sac à mains en peluche et représentant un crocodile.

Mon frangin, mon oncle et moi-meme avons failli nous étouffer tellement on en pouvait plus de hurler de rire. Le crocodile était là, il se ballottait au gré des mouvements de la dame avec du monde au balcon, sa gueule aux dents acérés menacait l'assistance dans un rictus carnassier, et nous on se pissait dessus de rire, et mon petit frère a dit que je devais poster ca sur le blog des parisiens sous le titre le Crocodile au Balcon.

Alors voilà, vous l'avez eu. Et vous avez loupé la fin de soirée, tout le monde bien émeché, où une amie francaise de ma mère, habillée comme une vraie petite Francaise, mais saoule comme une polonaise, a attrapé le crocodile et a commencé à lui parler et à vouloir danser avec lui. Faut quand meme reconnaitre, soyons beaux joueurs, que la dame avec du monde au balcon est entrée dans le jeu et a ordonné au crocodile de répondre à la dame francaise, de dire bonjour à la dame, tout ca.

Ah, sacré Krokodil au balcon, va !

PS - Mon frangin vous fait dire, avec ses compliments (comme chez les Belges) à Songe, Ash nazg durbatulûk, ash nazg gimbatul,ash nazg thrakatulûk agh burzum-ishi krimpatul. Faut dire qu'on s'est envoyé le Seigneur des Anneaux 1 avec le frangin en rentrant de la soirée, moi je me suis endormi devant la télé, genre imbibé pas très élégant, et le frangin a tenu jusque 6h du matin.

4 commentaires:

Le Hérisson Fourbe a dit…

Ach, l'abus de leberknödel conduisant souvent à un mauvais trip, si le croco n'était pas estampillé Prada, c'est que tu as rêvé.. Il faudra en parler à Sigmund dès son retour ^^

Livré au visqueux et aux crocodiles
« j'étais chaque nuit transporté par cet homme au milieu de tableaux asiatiques. […] Il faut que le lecteur entre dans toutes ces idées et dans bien d'autres encore, que je ne puis dire ou que je n'ai pas le temps d'exprimer, pour comprendre toute l'horreur qu'imprimaient dans mon esprit ces rêves d'imagerie orientale et de tortures mythologiques.
« sous les deux conditions connexes de chaleur tropicale et de lumière verticale, je ramassais toutes les créatures, oiseaux, bêtes, reptiles, arbres et plantes, usages et spectacles, que l'on trouve communément dans toute la région des tropiques, et je les jetais pêle-mêle en Chine ou dans l'Indoustan. Par un sentiment analogue, je m'emparais de l'Égypte et de tous ses dieux, et les faisais entrer sous la même loi. Des singes, des perroquets, des kakatoès me regardaient fixement, me huaient, me faisaient la grimace, ou jacassaient sur mon compte. Je me sauvais dans des pagodes, et j'étais, pendant des siècles, fixé au sommet, ou enfermé dans des chambres secrètes. J'étais l'idole; j'étais le prêtre; j'étais adoré; j'étais sacrifié. Je fuyais la colère de Brahma à travers toutes les forêts de l'Asie; Vishnû me haïssait; Siva me tendait une embûche. Je tombais soudainement chez Isis et Osiris; j'avais fait quelque chose, disait-on, j'avais commis un crime qui faisait frémir l'ibis et le crocodile. J'étais enseveli, pendant un millier d'années, dans des bières de pierre, avec des momies et des sphinx, dans les cellules étroites au coeur des éternelles pyramides. J'étais baisé par des crocodiles aux baisers cancéreux; et je gisais, confondu avec une foule de choses inexprimables et visqueuses, parmi les boues et les roseaux du Nil.

« Je donne ainsi au lecteur un léger extrait de mes rêves orientaux, dont le monstrueux théâtre me remplissait toujours d'une telle stupéfaction que l'horreur elle-même y semblait pendant quelque temps absorbée. Mais tôt ou tard se produisait un reflux de sentiments où l'étonnement à son tour était englouti, et qui me livrait non pas tant à la terreur qu'à une sorte de haine et d'abomination pour tout ce que je voyais. Sur chaque être, sur chaque forme, sur chaque menace, punition, incarcération ténébreuse, planait un sentiment d'éternité et d'infini qui me causait l'angoisse et l'oppression de la folie. Ce n'était que dans ces rêves-là, sauf une ou deux légères exceptions, qu'entraient les circonstances de l'horreur physique. Mes terreurs jusqu'alors n'avaient été que morales et spirituelles. Mais ici les agents principaux étaient de hideux oiseaux, des serpents ou des crocodiles, principalement ces derniers. Le crocodile maudit devint pour moi l'objet de plus d'horreur que presque tous les autres. J'étais forcé de vivre avec lui, hélas! (c'était toujours ainsi dans mes rêves) pendant des siècles. Je m'échappais quelquefois, et je me trouvais dans des maisons chinoises, meublées de tables en roseau. Tous les pieds des tables et des canapés semblaient doués de vie; l'abominable tête du crocodile, avec ses petits yeux obliques, me regardait partout, de tous les côtés, multipliée par des répétitions innombrables; et je restais là, plein d'horreur et fasciné. Et ce hideux reptile hantait si souvent mon sommeil que, bien des fois, le même rêve a été interrompu de la même façon; j'entendais de douces voix qui me parlaient (j'entends tout, même quand je suis assoupi), et immédiatement je m'éveillais.

Adonhiram a dit…

Ohhh dis-donc, c'est encore plus halluciné que le Nerval en Orient ! C'est de ki ?

Le Hérisson Fourbe a dit…

un certain Charly B. (y avait pas de popps à l'époque, il était plutôt opium lui) ^^

Adonhiram a dit…

Ahh ce bon vieux symboliste de Charly... La Natur est un Demble où de fifants piliers...