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lundi 18 février 2008

KOSOVARDS, les Balkans ne leur disent pas merci !


Bon, on va aller un peu à l'encontre de l'empathie-sympathie télévisuelle qui a été diffusée ad nauseam par les différentes chaînes de télé (une notable et louable exception pour iTélé qui avait invité deux spécialistes des Balkans pas extrêmement enthousiasmés par l'indépendance du Kosovo) publiques ou privés toute l'après-midi et toute la soirée de hier dimanche après la procalamation d'indépendance. Les mines réjouies de journalistes incultes commentant avec des trémolos dans la voix -comme c'est mignon, comme c'est touchant- les débordements de liesse dans les rues de Pristina, ouh là là.

Moi, désolé, je me méfie comme de la peste des enflammations-inflammations nationalistes, et il n'y a pas besoin d'être docteur ès-géopolitique pour savoir que la proclamation d'indépendance du Kosovo est typiquement le genre d'événements qui pourraient embraser les Balkans. Embraser à nouveau encore et encore, faudrait-il préciser, en remarquant que le big bang balkanique du XIXème siècle correspond au réveil des nationalités à l'époque.

Oui, certes, il n'y avait pas l'OTAN au XIXème siècle, mais franchement, si l'OTAN ou l'ONU avaient empêché des guerres de ravager des régions entières, ça se saurait. Ils arrivent toujours trop tard, quand ils arrivent... Et les Ossètes du Sud ainsi que les Abkhazes (bon ok c'est un peu loin pour être encore balkaniques, mais quand même)ont déjà commencé à illustrer la fameuse théorie du domino.

Alors, amis kosovards, j'espère sincèrement que vous n'allez pas vous réveiller avec une sacrée gueule de bois, et que de nouvelles guerres ne vont pas éclater dans les Balkans ou aux marches de l'ex-empire soviétique. Bonne chance, et occupez vous plutôt de reconstruire votre pays au lieu de jouer avec le feu.

3 commentaires:

Le Moine-Hérisson Fou'rbe a dit…

Je me demande si Mlle van de Spock ne détourne pas notre attention afin d'éviter de parler des graves tensions ethnico-linguistiques du BHV (non pas le magasin qui regorge de dép au sous-sol) mais l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde.. d'ici à ce que son annexe parisienne de la RTBF se transforme en Radio des Mille Collines, allez hein !

Songe a dit…

"Oui, certes, il n'y avait pas l'OTAN au XIXème siècle,..."

La question est de savoir si il y aura un OTAN au XXIème siècle.

Car comme le rappelle William Pfaff (très respectée et très vénérable plume de l'International Herald Tribune semble-t-il) dans un article repris en édito du Courrier International n°902 - février 2008 - :
"Il n'y a qu'un seul modèle possible pour qu'une alliance militaire soit efficace : il faut que ses membres soient unis par des intérêts et des objectifs communs, et qu'ils soient prêts à se concerter et à faire des compromis."

En 1949, il s'agissait de garantir à l'Europe de l'Ouest que ses anciens alliés de la WW2 agiraient de concert pour la défendre contre la projection de la puissance militaire soviétique et/ou la menace d'insurrections révolutionnaires ou de coups d'Etats fomentés par certains partis communistes nationaux.

Rien à voir avec une intervention en Asie centrale, outrepassant le mandat initial de l'OTAN visant à la "reconstruction de l'Afghanistan", dont l'unique but aujourd'hui est de prêter main-forte dans les régions méridionales du pays à un gouvernement faible voulu et soutenu par les Américains contre les intérêts légitimes de 40 millions de Pachtounes dont c'est la terre ancestrale. Et ce au nom d'une douteuse "croisade mondiale contre le terrorisme". Intervention à laquelle les Européens, Allemands en tête, se refusent de prendre part, car elle conduiraient alors les soldats européens à une confrontation nécessairement sanglante avec les Talibans, ravis du soutien des populations qu'ils aident dans leur guerre de libération contre l'occupant "occidental".

"Sans vision commune, l'alliance (l'OTAN) est une supercherie" conclut W.Pfaff.

Pas pour Sarkozy, hélas, soit dit en passant...

Adonhiram a dit…

Ah, BHV, BHV, pauvre Belgique...